« L’art d’interpréter les poèmes est un art tout aussi important que l’art d’écrire des poèmes ! »
P.L.H

« Salut, je peux dire un poème ? »

Et voilà qu’on t’emmène dans un trip et que ce gars ou cette fille avec qui tu n’as rien à voir et que tu ne connais ni d’Ève ni d’Adam te touche. Tu comprends sa sensibilité, ses faiblesses, ses limites, ses erreurs, ses grâces, ses fiertés et ses joies… Tu fais leur connaissance et vous vous rabibochez tous les deux avec l’humanité.
Free speech, liberté d’expression, 3 minutes sans contrainte, sans censure ni interruption. En plus de 20 ans, je n’ai jamais vu un poète interrompu sur une scène de slam de poésie… Et j’en ai entendu des sentences approximatives.
C’est comme si l’auditoire lavait l’orgueil, l’égoïsme, le nihilisme et l’extrémisme. Comme si l’écoute appelait la bonté, l’équilibre, la raison et le don. Le slam de poésie incarne la parole qui soigne et aussi l’écoute qui guérit.
La pire des insultes c’est le mépris. La liberté d’expression sans l’écoute c’est la schizophrénie socioculturelle du poète isolé. L’art d’exprimer la poésie est un art au moins aussi important que l’art d’écrire la poésie et le terrain d’écoute de la poésie est un terrain au moins aussi important que le terrain de l’édition littéraire.
Souvent, l’économie gouverne plus que l’humanité, mais le vers de poésie, lui, se porte bien, parce qu’il continue de piquer sa crise. Du 27 mai au 2 juin, à Belleville, la poésie marchera dans la rue et les poètes ne mâcheront pas leurs mots. Venez les entendre parler de choses sérieuses ou drôles, tendres ou violentes, nécessaires ou superflues ! La poésie n’a pas peur de ce que vous pouvez ressentir, elle est profondément humaine.

 

“Hi, wanna hear my poem?”

And off you go on a trip, moved by some guy or girl you never met before in your life. You suddenly recognize their feelings, flaws, limits, misgivings, blessings, prides and joys… You become friends and together feel at one with the rest of humankind.
Free speech. Three unrestricted, uncensored, uninterrupted minutes. In more than twenty years, I have yet to witness a poet being interrupted at a slam event… Never mind how incoherent their texts may have been.
It’s as though the public washed away all conceit, selfishness, negativism and extremism. As if the listeners helped bring forth goodness, fairness, sense and generosity. Poetry slams draw out the words that heal and the attentiveness that cures.
The most hurtful insult is contempt. Freedom of speech without an audience causes the isolated poet to suffer from sociocultural schizophrenia. The art of the spoken word is just as vital as the art of composing poems and the venues where poetry is read are just as important as those where it is actually published.
Economic imperatives often outweigh human considerations, but poetry continues to prosper because it keeps raising new challenges. In Belleville, from the 27th of May through the 2nd of June, poetry will be on display and poets will hawk their works. Come hear them speak of things serious or funny, tender or rough, indispensable or superfluous! Poetry does not shy from causing people to feel things. It is profoundly human.